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Les
paroles non tenues :
Après
une élection, la deuxième question que
l'on se pose - la première étant de savoir
qui a gagné - c'est de connaître le nombre
de promesses qui seront respectées.
Cela
paraîtrait démagogique de mettre à
nu les mensonges grossiers de telle ou telle formation
politique, et pourtant.
D'aucuns
nous accuserait de partialité si on débusquait
tel mensonge de tel homme politique sans en révéler
ceux de tel autre. Et comme, l'équilibre est
impossible, il faudrait ne rien révéler
?
Luc
Van der Kelen, éditorialiste dans un grand quotidien
flamand, affirme que Bart De Wever ne veut pas la suppression
de la Région bruxelloise. "Bruxelles était
un argument de campagne de De Wever. Il ne reviendra
pas la dessus comme Mme Milquet ne reviendra pas sur
son corridor communautaire".
Et
voilà déjà deux mensonges possibles.
Face à deux propositions
de M. Maingain, le financement de la Région de
Bruxelles-capitale par son élargissement et l'imposition
des revenus du travail au lieu du travail, deux réponses
ont été émises pour signaler que
ces propositions, n'étant pas réalistes,
pouvaient être assimilées à des
non-dits, des mensonges par abstention.
La première réponse
provient d'une étude d'un économiste "célèbre"
qui aurait prouvé que l'élargissement
coûterait quelques millions à la Région
et ne rapporterait donc rien.
Quant au deuxième point,
M. Oliver Deleuze (Ecolo) a précisé pendant
la campagne que "si aujourd'hui on impose les revenus
du travail au lieu de travail, la guerre communautaire
sera totale avec la Flandre mais également avec
la Wallonie. Le pays éclatera immédiatement
et tout le monde en patira".
Les critiques face aux arguments
de M. Maingain sont sérieuses mais pas décisives.
Premièrement, l'étude
en question, si elle allait au bout de son raisonnement,
devrait demander l'exclusion de certains communes bruxelloise
de la Région car elles coûtent également
de l'argent à la Région. En fait, les
clés de répartition des impôts et
taxes entre régions et communatautés sont
probablement particulièrement défavorables
à la Région bruxelloise.
Deuxièmement, si M. Maingain
savait pertinement bien que sa proposition concernant
la localisation de lieu de perception de l'impôt
était impossible à négocier, ce
serait effectivement un gros non-dit de sa part et donc
une forme de mensonge.
Mais, ce qui est intéressant
dans l'intervention de M. Deleuze, c'est justement son
affirmation.
Car si elle est vraie, cela
veut dire que de un tous les hommes et femmes politiques
doivent être au courant de son infaisabilité
politique ; et pourtant personne n'a critiqué
la proposition de M. Maingain de front. C'est sans doute
tabou.
Cela
signifie également qu'il y a une guerre fiscale
potentielle non seulement entre Bruxelles et la Flandre
mais aussi entre Bruxelles et la Wallonie. Donc nos
amis wallons, selon O. Deleuze, seraient sur le point
de déclarer la guerre à Bruxelles si elle
remettait en question de manière trop appuyée
la répartition des richesses bruxelloises. Nous
sommes ici très loins de la peur de la tache
d'huile ...
Dans cette logique, le plus
gros mensonge serait peut-être le suivant : faire
croire que le conflit entre Flamands et Francophones
est d'ordre culturel et communautaire alors qu'il est
peut-être davantage financier.
Il est vrai que certains ont
aussi voulu faire croire au peuple mondial que les Américains
allaient mener une guerre en Irak pour libérer
le peuple irakien du joug d'un dictateur et non pour
le pétrole.
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