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Le rattachement à la France
n'est pas contre-nature : c'est un plan B possible
Les
wallons croient de plus en plus à leur intégration
à la France. Cela dément les discours de ceux
qui affirment que cela est contre-nature. De nombreux "faiseurs
d'opinion" essaient de faire croire que les wallons ne
sont pas rattachistes et qu'un tel choix serait catastrophique
pour la Wallonie. Sans pour autant pousser au rattachement de
la Wallonie et de Bruxelles à la France, qui n'est pas
selon nous la formule la meilleure - l'option belge étant
encore de loin préférable -, ce sondage confirme
cependant que cela est possible et que cela ne fait pas peur
à une grande partie des Francophones de Belgique.
Arrêtons
de faire peur aux gens : en cas de crise grave avec nos amis
flamands, tous les scénarios doivent être sur la
table. Barrons la route à la mauvaise foi et aux exclusives.
La France, Sarkozy et l'UMP entrent
dans le débat belgo-belge


Traditionnellement, la France
et ses hommes politiques restent fort prudents quand ils évoquent
les conflits communautaires de la Belgique. Apparemment, cela
est en train de changer outre-Quiévrain. Même Sarkozy
a pris le risque d'évoquer le rattachement de la Wallonie
et de Bruxelles à la France.
De nombreux commentateurs belges
affirment que cela est culturellement impossible, le belge francophone
étant incapable d'harmoniser ses habitudes culturellles
et politiques avec celles de la France toute proche. Discours
étonnant s'il en est quand on entend ces mêmes
commentateurs s'émerveiller de la construction de l'Europe
et de l'émergence d'une culture européenne.
Selon ces thèses, le Belge
serait capable de vivre harmonieusement avec des européens
mais pas avec des Français. L'absurdité n'a décidemment
pas de limites.
Ceci étant dit, ce n'est
pas parce que cela est tout-à-fait possible qu'il faille
défendre cette option. Le rattachement à la France
n'est pas une mauvaise chose en soi, mais le fait de rester
belge est peut-être plus enrichissante. Le cosmopolitisme
à la belge doit être sauvegardé. Car, le
centralisme à la française pourrait en fait franciser
la Wallonie. Les exemples bretons et corses, par exemple, sont
là pour rappeler les difficultés qu'ont les cultures
régionales à préserver leurs spécificités
en France.
Les Wallons francisés
vivront certainement correctement, seront heureux d'appartenir
à la France mais auront subi une acculturation. La "tache
d'huile" francophone aura laissé la place à
une tache d'huile française. La Flandre sera bien plus
menacée par le centralisme jacobin (français)
que par les féodalismes wallon et bruxellois.
Peut-être que cette menace
calmera quelque peu les ardeurs séparatistes flamandes.
Peut-être est-ce d'ailleurs le sens de l'intérêt
de la Présidence française pour les territoires
francophones de Belgique, calmer le jeu pour que la Présidence
belge de l'Union européenne se déroule dans la
sérénité. La diplomatie, n'est-ce pas aussi
l'art de dire les choses de manière compliquée
afin qu'elles puissent être comprises plus facilement.

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